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Ma famille est toxique

Voici plusieurs années que j’envisageais de partager mon histoire. La crainte m’a longtemps empêché de le faire, la pudeur également. Je suis aujourd’hui arrivée à un moment de ma vie où je me sens assez forte pour la raconter. Mon but n’est pas d’attirer l’attention sur moi. Je ne cherche également pas à me faire plaindre. En exposant les faits, j’espère inspirer d’autres personnes, leur faire prendre conscience qu’il est possible de s’en sortir, leur faire réaliser qu’il n’est pas normal de se terrer dans le silence. Peut-être que certains d’entre vous souhaiteront prendre contact avec moi et pourront m’éclairer, voire m’aider. Mon histoire est celle d’une famille violente et culpabilisante, qui a marqué de son sceau toutes mes années de jeunesse.

Si les stigmates de mon passé sont encore bien présents, ils ne m’empêchent plus tout à fait de vivre. J’ai aujourd’hui trouvé l’homme de ma vie et ai mis au monde de magnifiques enfants. Ils ont été d’une aide précieuse pour prendre mes distances avec ma mère toxique.

Plus jeune, lorsque mes camarades de collège semblaient pouvoir profiter sereinement de leur jeunesse, tout m’était interdit. Mes parents refusaient toute sortie scolaire et je n’avais pas le droit d’entretenir la moindre relation amicale. Après l’école, je rentrais donc chez moi en silence. Si par malheur j’avais adressé la parole à un garçon, mon père me battait à coup de ceinture, avec l’approbation de ma mère, pour laquelle il était inconcevable de remettre en question l’autorité de l’homme. Mon père estimait que je n’étais qu’une moins que rien, une idiote, une horreur. Ma peau était trop noire, j’étais trop maigre, je n’étais pas assez belle. L’une de mes sœurs cadettes avait l’art et la manière de s’attirer les faveurs de mes parents. C’était elle la fille parfaite et elle savait parfaitement en jouer.

Lorsque mon père est parti au Sénégal, mes professeurs ont demandé des comptes à ma mère. Elle a pris peur et a enfin autorisé que je participe à une sortie scolaire. En rentrant de voyage, avec l’aide de mes copines, j’ai dénoncé mes parents. Mon calvaire s’empira… Les mois suivants, j’ai été étranglée, brulée au fer à repasser. Il fallait que je sauve ma peau coûte que coûte.

C’est à ce moment-là que j’ai rencontré un garçon, un « blanc » comme ils disent. Ma mère est devenue complément hystérique. Je n’étais qu’une « pute, une salope, une traînée qui couche à droite et gauche sans être mariée». Ma sœur cadette, jalouse et mesquine, passait quant à elle son temps à répandre des horreurs auprès de notre communauté.

La coupe était pleine et je suis partie, j’ai enfin pris mon indépendance. Chaque euro gagné, je devais le donner à ma mère, sous peine d’être traitée de moins que rien. Selon sa logique, chacune de mes réussites devait lui être attribuée. C’est une femme manipulatrice qui se positionne toujours en victime. Elle ne se remet pas en question. Il faut prendre ses distances avec ce genre de personnes, et c’est exactement ce que j’ai fait.

Un an après avoir quitté le foyer familial, j’ai rencontré mon mari, l’homme de vie, le père de mes enfants. J’ai pris la décision de couper les ponts et de vivre enfin ma vie. Mon mari m’a proposé de quitter la ville où j’avais grandi. Cela m’a fait un bien fou.

Après quatre ans sans nouvelle, qui m’ont permis de construire une vie heureuse et épanouie, mes sœurs m’ont retrouvée. Elles me harcèlent quotidiennement. J’ai beau les bloquer, elles continuent à me pourrir la vie. Elles demandent à me voir pour discuter, mais le mal est fait. Je ne veux rien avoir à faire avec ces gens-là.

 

Edit du 22/07/2018

 

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2 Commentaires

  • Répondre
    Elodie
    18 juillet 2018 à 21 h 39 min

    Ton texte est très bien écrit. Tu ne dois pas avoir peur de raconter ton histoire, tu ne l’as pas choisie et ne dois en aucun cas en éprouver de la honte. Je suis heureuse que tu t’en sois sortie, même si j’imagine que ce passé a dû laisser en toi des cicatrices douloureuses. Il paraît que la violence est la manifestation d’un ego malade. C’est sûrement vrai. Je suis choquée et triste de constater que tes soeurs ne te soutiennent pas. Couper les ponts est forcément la meilleure solution. La vie est trop courte pour la gâcher avec des personnes mauvaises.

    • Répondre
      Diari Thom
      20 juillet 2018 à 9 h 07 min

      Ils ont tout fait pour que je sois isolée un maximum et ça n’a pas marché. Elles (mon père n’est plus de la partie) trouvent encore le moyen de me déstabiliser en passant par le blog, mes réseaux sociaux. J’ai commis une erreur la semaine dernière, j’ai communiqué mon adresse e-mail perso, et je suis inondé d’e-mail, d’enregistrement audio « URGENT MAMAN AUDIO ».
      Un ego malade, je confirme , je n’ai aucune compassion pour ces personnes. Ces femmes ne feront plus partie de ma vie. La roue a tourné enfin. Quand on sème merde on récolte la merde.

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